Le jour où ma mère a rencontré John Wayne

« Tous les matins, ma mère me racontait ses rêves… Ses récits, à vous couper le souffle, étaient un savant mélange entre sa Kabylie natale et sa condition de femme de ménage, le tout servi par des acteurs américains du feuilleton qu’elle avait vu la veille à la télé. Tout y était : plans larges, champs contre-champs… J’étais face à elle comme devant un écran de la Métro Goldwyn Meyer. Et ça me mettait en retard pour l’école.»

C’est une véritable épopée dans laquelle nous embarque aujourd’hui Rachid Bouali. Une épopée des « petites gens », construite comme un film où il multiplie zooms et travellings, bouscule les plans, croise les époques et les décors et nous déroule le petit monde de sa mère : son canapé vert, son buffet style élisabéthain de chez Conforama, les feuilletons télévisés qu’elle utilise comme méthode Assimil, sa découverte des théories de Dolto et le jour où elle a vu John Wayne pour la première fois.

Avec Le jour où ma mère a rencontré John Wayne, Rachid Bouali rend à sa maman un hommage d’une tendresse et d’une justesse magnifiques. À travers elle, il salue aussi toutes les mères du monde et nous raconte avec humour, poésie et beaucoup d’émotion, une histoire aussi intime qu’universelle.

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Après Cité Babel où il raconte la vie de la cité de son enfance et Un jour j’irai à Vancouver où il est question de son adolescence et de sa rencontre avec le théâtre, Rachid Bouali nous livre le 3ème volet de cette saga sociale avec LE JOUR Où MA MÈRE A RENCONTRÉ JOHN WAYNE.

Dans ce dernier spectacle où la scène devient l’espace vivant du souvenir, Rachid Bouali rend un hommage vibrant, mais lucide, à sa mère. Prenant comme point de départ le jour où il a quitté le domicile de ses parents, Rachid raconte et joue avec humour et émotion des souvenirs, des anecdotes à propos de sa mère, tous ces « jours où… » qui ont été des points de repère pour lui : le jour où il est allé en Algérie pour la première fois, le jour où elle a eu sa 1ère machine à laver… Il évoque aussi les autres mères de son quartier et les exploits du quotidien qu’elles ont bien souvent dû accomplir. Ce spectacle est l’occasion de mettre en lumière les sacrifices et renoncements que certaines d’entre elles ont dû faire pour que leurs enfants puissent trouver leur place dans la société.

Mais cet hommage ne va pas sans une récrimination douce et bienveillante. C’est aussi la revendication d’un lâcher prise maternel : comme un effet pervers d’une vie sacrifiée à son enfant, la mère, jusque dans la mort même, continue à interférer dans l’existence de son fils.

Comme pour les 2 spectacles précédents, Rachid Bouali s’inspire fortement de sa vie de quartier pour l’écriture du texte s’appuyant sur des personnages ayant existé et des situations vécues ou imaginées. Il a également rencontré pendant plusieurs mois des groupes de femmes et recueilli leurs témoignages.

Il interprète seul cette « épopée des petits gens», passant d’un espace et d’un personnage à un autre, mêlant le passé et le présent, la France et l’Algérie servi par une lumière complice. L’écriture se veut engagée, incisive, émouvante et drôle.

« Le personnage principal de ce spectacle, c’est ma mère. C’est elle qui m’a permis d’être là où je suis, elle m’a nourri avec son imaginaire, c’est en partie grâce à elle que je raconte des histoires aujourd’hui. »

Création 2012

Ecriture et Interprétation : Rachid Bouali

Mise en Scène : Alain Mollot

Cie La Langue Pendue (Villeneuve d’Ascq),

Coproduction : le Grand Bleu ENPDA (Lille), Le Strapontin (Pont Scorff)

Avec le soutien de La DRAC et du Conseil Régional Hauts-de-France